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Rencontre du soir #5 – Tarabuco -Verónica Calvo Valenzuela

Verónica Calvo Valenzuela
« Tarabuco »

 Mercredi 15 mai 2019 à 18 heures

 L’École supérieure d’art de Lorraine met en place les « Rencontres du soir », espace d’échanges pour interroger les relations entre arts, anthropologie et réalités sociales et économiques avec des chercheurs et des artistes.

 « Après un premier séjour à Tarabuco, village des Andes boliviennes où j’ai réalisé mon terrain de thèse entre juin 2011 et mars 2014, j’ai développé mes premières pellicules photographiques. Des centaines de perspectives de rues donnant sur un horizon ambigu, parfois bouché, remplissaient ces premiers films. Les images documentaient le village autant qu’elles rendaient compte d’une expérience difficile : une itinérance, une errance sans lieu d’arrivée ; une pudeur à photographier les visages des habitants, auxquels se substituaient des bâtiments, des portes, des fenêtres, des champs… Le besoin de faire des photographies était aussi fort que l’incapacité à franchir le seuil de leur porte. Persuadée à l’époque que je n’arriverai pas à produire une image des habitants de Tarabuco, de leurs corps, de leur maison, de leur intimité, je donnai des appareils photographiques jetables à dix personnes, hommes et femmes, âgés de dix à soixante ans pour qu’ils se livrent, comme moi, à une pratique photographique quotidienne.

Avec ce geste, la recherche que je menais sur les définitions de soi produites par les habitants de Tarabuco à la demande de l’État, afin d’accéder à une autonomie politique, s’est déplacée : elle avait lieu désormais sur le plan de l’expérimentation photographique, sans prétention scientifique, sans les contraintes imposées par les pouvoirs publics, et sans promesse de bonheur ni d’émancipation politique. Aucune consigne en termes de temps ni de sujet à photographier ne leur fut donnée. »

 Verónica Calvo Valenzuela est docteure de l’IEP de Paris. Elle a effectué une thèse d’anthropologie politique intitulée Les trames de soi où elle analyse la transformation des subjectivités des habitants d’une localité quechua en Bolivie au moment de l’adoption d’un dispositif d’autonomie politique. Elle est actuellement ATER à l’Université de Paris-Est-Créteil où elle enseigne la philosophie politique et la sociologie.

 Verónica Calvo Valenzuela « Tarabuco » Mercredi 15 mai 2019 à 18 heures L’École supérieure d’art de Lorraine met en place les « Rencontres du soir », espace d’échanges pour interroger les relations entre arts, anthropologie et réalités sociales et économiques avec des chercheurs et des artistes.  « Après un premier séjour à Tarabuco, village des Andes boliviennes où j’ai réalisé mon terrain de thèse entre juin 2011 et mars 2014, j’ai développé mes premières pellicules photographiques. Des centaines de perspectives de rues donnant sur un horizon ambigu, parfois bouché, remplissaient ces premiers films. Les images documentaient le village autant qu’elles rendaient compte d’une expérience difficile : une itinérance, une errance sans lieu d’arrivée ; une pudeur à photographier les visages des habitants, auxquels se substituaient des bâtiments, des portes, des fenêtres, des champs... Le besoin de faire des photographies était aussi fort que l’incapacité à franchir le seuil de leur porte. Persuadée à l’époque que je n’arriverai pas à produire une image des habitants de Tarabuco, de leurs corps, de leur maison, de leur intimité, je donnai des appareils photographiques jetables à dix personnes, hommes et femmes, âgés de dix à soixante ans pour qu’ils se livrent, comme moi, à une pratique photographique quotidienne.  Avec ce geste, la recherche que je menais sur les définitions de soi produites par les habitants de Tarabuco à la demande de l’État, afin d’accéder à une autonomie politique, s’est déplacée : elle avait lieu désormais sur le plan de l’expérimentation photographique, sans prétention scientifique, sans les contraintes imposées par les pouvoirs publics, et sans promesse de bonheur ni d’émancipation politique. Aucune consigne en termes de temps  ni de sujet à photographier ne leur fut donnée. » Verónica Calvo Valenzuela est docteure de l’IEP de Paris. Elle a effectué une thèse d’anthropologie politique intitulée Les trames de soi où elle analyse la transformation des subjectivités des habitants d’une localité quechua en Bolivie au moment de l’adoption d’un dispositif d’autonomie politique. Elle est actuellement ATER à l’Université de Paris-Est-Créteil où elle enseigne la philosophie politique et la sociologie. Ouvert à tous Auditorium de l’École supérieure d’art de Lorraine 1 rue de la Citadelle, Metz   Surimpression d’une perspective de rue et d’un portrait de Francisco, président du syndicat paysan de Tarabuco, Andes boliviennes, juillet 2011  (photographie Verónica Calvo Valenzuela)

Surimpression d’une perspective de rue et d’un portrait de Francisco, président du syndicat paysan de Tarabuco, Andes boliviennes, juillet 2011
(photographie Verónica Calvo Valenzuela)

Ouvert à tous

Auditorium de l’École supérieure d’art de Lorraine

1 rue de la Citadelle, Metz