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Rencontres du soir / Programme [AJOURNÉ] 

L’École supérieure d’art de Lorraine met en place les « Rencontres du soir », espace d’échanges pour interroger les relations entre arts, anthropologie et réalités sociales et économiques avec des chercheurs et des artistes.

FLORIAN FOUCHE / LE MUSEE ANTIDOTE : À PROPOS DU MUSÉE DU PAYSAN ROUMAIN (BUCAREST)

Rencontre du soir #4,
[AJOURNÉ] 

Auditorium de l’École supérieure d’art de Lorraine — site de Metz
Ouvert à tou·te·s

Rencontre proposée en lien avec l’exposition Folklore au Centre Pompidou Metz.

Le musée du Paysan roumain (Bucarest) est devenu entre 1990 et 2002 un lieu d’expérimentation spatiale, au fonctionnement institutionnel inédit. L’ethnologue Irina Nicolau (1946-2002) et l’artiste Horia Bernea (1938-2000) se sont inspirés de procédés et attitudes de l’art actuel pour présenter une collection d’objets paysans. En pleine crise politique post-révolutionnaire, ils ont inventé un musée en perpétuel renouvellement dans lequel l’art paysan se voit mis en scène de façon anti-naturaliste et anti-didactique, laissé à l’interprétation du visiteur. Ce musée tranche radicalement avec les musées où l’on doit « tout supporter : la rumeur qui entoure les objets au nom d’une pédagogie souvent populiste, les excès imposés par les lois de la conservation, la dérive de l’institution vers des procédés médiatiques, et l’indifférence avec laquelle on est traité », comme le disait Irina Nicolau. À l’occasion de sa participation à l’exposition Folklore au Centre Pompidou Metz, Florian Fouché présentera la recherche qu’il a consacré à ce musée (il avait présenté l’exposition Le musée antidote au CAC Passerelle à Brest en 2014 et il publiera un livre prochainement aux éditions L’Arachnéen).

Florian Fouché (né en 1983 à Lyon, vit à Paris) pratique une sculpture associée à des formes photographiques. Son travail prend souvent comme point de départ l’organisation spatiale de lieux spécifiques comme le musée du paysan roumain à Bucarest, l’atelier reconstitué de Brancusi à Paris ou le quartier des martyrs à Tulle. Il travaille actuellement à l’ensemble des « actions proches » à partir d’une recherche sur la tentative des Cévennes du réseau de Fernand Deligny. Diplômé des Beaux-arts de Paris en 2012, il a présenté son travail au Palais de Tokyo, aux Beaux-arts de Paris, au Carré d’art de Nîmes, au musée Unterlinden à Colmar, au CIAP de Vassivière, au SKC (Belgrade), dans l’atelier d’Eustache Kossakowski chez Anka Ptaszkowska… Il participera prochainement à des expositions collectives au Centre Pompidou Metz, au Musée d’art moderne de Varsovie et au CAPC de Bordeaux. Il prépare actuellement un livre sur le musée du Paysan roumain qui sera publié aux éditions L’Arachnéen.

http://www.florianfouche.com/

Prochaine séance

13 mai (en cours de confirmation)

Séances effectuées

NINA FERRER-GLEIZE / TERRES FERMES, Rencontre du soir #3,  5 février, 18h

« Au cours de ma présentation, après avoir raconté mon parcours et mes différentes activités (artiste, enseignante, éditrice), je m’attarderai plus longuement sur le travail que je mène actuellement, un projet au long cours commencé début 2017 et qui se terminera début 2021, inscrit dans le cadre d’une recherche doctorale menée à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles et Aix-Marseille Université. Il prendra la forme d’une série de photographies, de documents, de textes, d’un essai théorique. Ces différents ensembles seront présentés au sein d’une édition et d’une exposition. 

Dans ce travail, je m’intéresse au monde rural et paysan, en partant de la ferme familiale, en Ardèche. C’est une exploitation de vaches laitières en conventionnel, tenue aujourd’hui par mon oncle, succédant à mon grand-père. Je présenterai les origines de ce projet, mais aussi les différentes étapes et les ramifications que celui-ci a empruntées progressivement, à travers la question du geste documentaire et la problématique de l’implication familiale et affective sur le terrain de travail. J’évoquerai également les potentielles porosités entre la pratique artistique et d’autres champs d’investigation, comme l’anthropologie, l’ethnologie, la littérature, la sociologie, etc. Je parlerai de ma façon d’articuler recherche et création, pratique de l’écriture et travail artistique, et du corpus artistique et littéraire constitué au fil de mon travail de recherche ».

Nina Ferrer-Gleize est artiste photographe, autrice et chercheuse. Elle est actuellement doctorante à l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles et Aix-Marseille Université, au sein du doctorat « Pratique et théorie de la création artistique et littéraire ». Par le biais de la pratique photographique et de la recherche en littérature, elle s’intéresse au milieu agricole et à ses représentations, à partir de l’exploitation agricole de son oncle, en Ardèche. Elle a obtenu en 2015 un master de Lettres et Arts à Paris VII ; elle est également diplômée de la Haute École des Arts de Strasbourg (DNSEP) en 2013 et de l’École Supérieure d’Art de Lorraine – Épinal (DNAT) en 2011. Elle est co-fondatrice de Pétrole éditions qui publient la revue Talweg. 

Nina Ferrer-Gleize sera également le 6 février membre du jury pour les soutenances blanches de mémoire des étudiants de 5ème année en option Communication.

http://www.ninaferrergleize.com/fr

http://www.petrole-editions.com/

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ELIZAVETA KONOVALOVA / K, Rencontre du soir #2 , Mercredi 15 janvier 

Ce projet s’est construit autour de l’étude d’un territoire particulier, la région de Kaliningrad. Anciennement partie de la Prusse Orientale allemande, celle-ci revient à l’URSS en 1945 à l’issue de la Seconde guerre mondiale. Sa capitale, Königsberg, est alors renommée Kaliningrad. Lorsque le bloc soviétique éclate, la région devient une enclave, séparée du territoire principal de la Russie par deux frontières. 

Aujourd’hui Kaliningrad représente au sein de l’Europe une zone qui échappe à la règle, une anomalie, un « tiers paysage ». Ainsi la figure centrale de cette recherche est celle du terrain vague, lieu à la fois réel et métaphorique. Les images obtenues via diverses formes d’arpentage du territoire tendent, d’une part, à en donner une vision d’ensemble, où l’on devine le paysage d’avant, désassemblé. D’autre part le projet déploie sept narrations parallèles, constituées d’images et de mots, dédiées au paysage d’après-coup. Le projet se partage en deux formes, deux phases de lecture : l’édition et l’exposition, cette dernière étant composée à la fois d’œuvres conçues à partir de la matière documentaire, collectée sur place et à distance, ainsi que de documents bruts.

 Elizaveta Konovalova est née en 1986 à Moscou. Elle étudie aux Beaux-arts de Paris dans l’atelier de Jean-Luc Vilmouth. Entre 2014 et 2018 elle participe au programme de recherche doctorale SACRe (Université Paris Sciences et Lettres / Beaux-arts de Paris), où elle développe un projet autour d’un territoire singulier, la région de Kaliningrad, enclave de la Russie au milieu des pays de l’Europe de l’Est. Sa thèse, soutenue en 2018, est composée d’une exposition et d’une édition, réunies sous le même titre, K.

Son parcours est ponctué de séjours en résidence en France et à l’étranger. Elle a été lauréate du Prix Sciences Po pour l’Art Contemporain (2014), finaliste du prix Découverte du Palais de Tokyo (2014) et du prix SAM pour l’art contemporain (2017).
https://www.elizavetakonovalova.com/

ALEXIS ZIMMER, BROUILLARDS TOXIQUES, Rencontre du soir #1, Mardi 5 novembre 

«  Du 1er au 5 décembre 1930, un brouillard épais se répand dans la vallée de la Meuse, non loin de Liège. Hommes et bêtes sont profondément affectés lors de sa survenue, et ils sont nombreux à y laisser leur vie. Après sa dissipation, des experts tranchent : « le seul brouillard » est responsable. Pourtant, sur place, nombreux sont ceux à incriminer les émanations des usines de la région, l’une des plus industrialisées d’Europe. Un an plus tard, des experts du parquet rendent d’autres conclusions : la consommation massive du charbon et les composés soufrés des émanations industrielles sont mis en cause. L’exceptionnalité de l’événement est cependant attribuée à la prédisposition des corps et aux conditions météorologiques particulières de cette première semaine de décembre 1930. 

Mais comment du « charbon » en vient-il à participer à la production de brouillards et à rejoindre ainsi, jusqu’à tuer, les poumons de ceux qui se sont retrouvés contraints de le respirer ? Ces liens « charbon-brouillards toxiques-poumons » n’ont rien d’évident. C’est à tenter de reconstituer les conditions historiques de leurs constructions que s’attache cet ouvrage. En considérant cette catastrophe dans le temps long nécessaire à sa production (comme un processus et non comme une interruption) ; en suivant la piste des matières de sa constitution (leur (a)cheminement et les assemblages techniques, sociaux, politiques et discursifs) nécessaires à leur transformation ; en étudiant le rôle et les effets des pratiques savantes, Brouillards toxiques permet de comprendre la transformation conjointe, par l’industrialisation, des corps et des environnements et la production de nouveaux phénomènes météorologiques. »

Alexis Zimmer est biologiste et philosophe de formation. Il a effectué son doctorat en histoire et épistémologie des sciences à l’université de Strasbourg et est post-doctorant au Centre Alexandre-Koyré à l’EHESS.

Alexis Zimmer intervenait également auprès des étudiants de l’atelier ZAD et du séminaire Changer d’air(e) sur les méthodes de travail et d’enquête dans un projet de recherche. Séance proposée par François Génot, Claire Tenu et Célia Charvet, enseignants à l’Esal

Présentation du livre Brouillards toxiques :http://www.zones-sensibles.org/alexis-zimmer-brouillards-toxiques/

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Conférences 2018-2019

A propos de Fernand Deligny, Marlon Miguel, novembre 2018

Nos prisons, Maxence Rifflet, décembre 2018

Annabela Tournon, « À la recherche des détectives sauvages », janvier 2019

LaToya Ruby Frazier (EN), avril 2019