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Rencontre du soir #1 /Alexis Zimmer, Brouillards toxiques

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Image : Manœuvre de défense passive contre la guerre chimique à Liège. 6 juillet 1933. Fonds CEGES, photographie n° 35928 [détail]. 
Création graphique : Camille Bauer, Mathilde Godard, Sarah Lampaert/ESAL

Alexis Zimmer, Brouillards toxiques

 « Rencontres du soir »

Mercredi 5 novembre à 17h30

Amphithéâtre de l’ESAL

Ouvert à tous

Pour la reprise des « Rencontres du soir », un espace d’échanges ouvert à tous pour interroger avec des chercheurs et des artistes les relations entre arts, anthropologie et réalités sociales et économiques, l’ESAL accueille Alexis Zimmer à propos de son livre Brouillards toxiques.

«  Du 1er au 5 décembre 1930, un brouillard épais se répand dans la vallée de la Meuse, non loin de Liège. Hommes et bêtes sont profondément affectés lors de sa survenue, et ils sont nombreux à y laisser leur vie. Après sa dissipation, des experts tranchent : « le seul brouillard » est responsable. Pourtant, sur place, nombreux sont ceux à incriminer les émanations des usines de la région, l’une des plus industrialisées d’Europe. Un an plus tard, des experts du parquet rendent d’autres conclusions : la consommation massive du charbon et les composés soufrés des émanations industrielles sont mis en cause. L’exceptionnalité de l’événement est cependant attribuée à la prédisposition des corps et aux conditions météorologiques particulières de cette première semaine de décembre 1930. 

Mais comment du « charbon » en vient-il à participer à la production de brouillards et à rejoindre ainsi, jusqu’à tuer, les poumons de ceux qui se sont retrouvés contraints de le respirer ? Ces liens « charbon— brouillards toxiques— poumons » n’ont rien d’évident. C’est à tenter de reconstituer les conditions historiques de leurs constructions que s’attache cet ouvrage. En considérant cette catastrophe dans le temps long nécessaire à sa production (comme un processus et non comme une interruption) ; en suivant la piste des matières de sa constitution (leur (a)cheminement et les assemblages techniques, sociaux, politiques et discursifs) nécessaires à leur transformation ; en étudiant le rôle et les effets des pratiques savantes, Brouillards toxiques permet de comprendre la transformation conjointe, par l’industrialisation, des corps et des environnements et la production de nouveaux phénomènes météorologiques. »

 Alexis Zimmer est biologiste et philosophe de formation. Il a effectué son doctorat en histoire et épistémologie des sciences à l’université de Strasbourg et est post-doctorant au Centre Alexandre-Koyré à l’EHESS.

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 Alexis Zimmer interviendra aussi dans l’après-midi auprès des étudiants de l’atelier ZAD et du séminaire Changer d’air(e) sur les méthodes de travail et d’enquête dans un projet de recherche.

Séance proposée par François Génot, Claire Tenu et Célia Charvet, enseignants à l’Esal

Présentation du livre Brouillards toxiques : http://www.zones-sensibles.org/alexis-zimmer-brouillards-toxiques/

Prochaines séances :

Rencontre du soir #2- Mercredi 15 janvier à 18 heures - Elizaveta Konovalova – « K »

 « Aujourd’hui Kaliningrad représente au sein de l’Europe une zone qui échappe à la règle, une anomalie, un « tiers paysage ». Ainsi la figure centrale de cette recherche est celle du terrain vague, lieu à la fois réel et métaphorique. Les images obtenues via diverses formes d’arpentage du territoire tendent, d’une part, à en donner une vision d’ensemble, où l’on devine le paysage d’avant, désassemblé. D’autre part le projet déploie sept narrations parallèles, constituées d’images et de mots, dédiées au paysage d’après-coup. »

Rencontre du soir #3  - Mercredi 5 février à 18 heures - Nina Ferrer-Gleize - « Terres fermes »

Depuis 2016, Nina Ferrer-Gleize développe un travail de création autour de la ferme de son oncle, en Ardèche. Elle y construit, dans le cadre d’une thèse préparée à l’École nationale supérieure de la photographie à Arles, une pratique mêlant photographie, écriture, et recherche théorique, mue par le côtoiement régulier de son oncle et son implication dans ce lieu familier et familial. 

Rencontre du soir #4 - Mercredi 8 avril à 18 heures - Florian Fouché- « Le musée antidote : à propos du musée du Paysan roumain (Bucarest) »

Le musée du Paysan roumain est devenu entre 1990 et 2002 un lieu d’expérimentation spatiale, au fonctionnement institutionnel inédit. L’ethnologue Irina Nicolau (1946-2002) et l’artiste Horia Bernea (1938-2000) se sont inspirés de procédés et attitudes de l’art actuel pour présenter une collection d’objets paysans. L’artiste Florian Fouché présentera la recherche qu’il a consacré à ce musée (il publiera un livre prochainement aux éditions L’Arachnéen).