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Rencontres du soir : un cycle de rendez-vous avec des chercheurs

La programmation collégiale des enseignants propose cinq « Rencontres du soir » dans l’année afin de partager le travail d’artistes et de chercheurs en lien avec des enjeux et l’actualité de l’art contemporain : arts plastiques, histoire de l’art, anthropologie, sociologie, philosophie. Elles sont ouvertes en soirée également aux Alumni et au public extérieur.

Florian Gaité : Danser à mort. Pour une thanatocritique de la rave.

Rencontre du soir, conférence
20 février 2024 à 18h30
Auditorium de l’ÉSAL – site de Metz
1, rue de la citadelle – 57000 Metz
Entrée libre et gratuite

La pratique de la rave apparaît au premier abord comme une célébration de la vie, une façon récréative, insouciante et souveraine de jouir du présent, de la musique ou de son corps. On peut aussi considérer que la recherche de l’épuisement, la prise de psychotropes ou l’exposition prolongée à des volumes élevés de musique, jusqu’à être «démonté», «fracassé» ou «rétamé», constituent des formes d’auto-agressions, des pratiques-limites nous rapprochant de la mort. C’est en interrogeant ce paradoxe que nous cherchons à comprendre l’économie pulsionnelle qui préside à cette pratique ordalique, qui touche à la mort pour intensifier la vie. Si l’épuisement correspond en effet aux deux manifestations de la pulsion thanatique (dilapidation de la force vitale et destruction), quel sens et quelle valeur donner à son expression festive, comme à la société qui la place au centre de son organisation ? A partir d’une lecture thanatocritique du capitalisme, ici défini comme la recherche d’une accumulation sans but tenant de «l’ivresse de la mort », nous confronterons deux hypothèses. D’une part, celle selon laquelle la rave participe àla «ruse »de la croissance qui consiste à détourner les pulsions d’anéantissement pour simuler un état d’invulnérabilité. De l’autre, la possibilité d’y voir, tout au contraire, la mise en œuvre d’une stratégie inconsciente pour lever le refoulé que le capitalisme impose au désir de mort. Peut-on alors faire de la rave la danse macabre du monde techno-industriel ? Qu’est-ce qui, au fond, fait danser Thanatos ?

Professeur de philosophie à l’École Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence (ESA Aix), Florian Gaité est chercheur associé à l’Institut ACTE (Paris 1 Panthéon-Sorbonne). Après une thèse sur le concept de plasticité, il oriente ses recherches sur l’articulation (épistémologique, ontologique, esthétique) entre art et négativité pour nourrir une approche critique de la culture contemporaine. Il mène également des recherches sur la danse, l’épuisement et leur sens critique dans une société productiviste, amorcées avec la publication en 2021 de Tout à danser s’épuise (éd. Sombres torrents). Membre de l’AICA, il est également critique d’art pour la presse écrite (Magazine du Centre Pompidou, Artpress, L’Art même, QDA…), des institutions (Festival d’Automne, CN D, Ménagerie de verre…) et la radio entre 2017 et 2020 (France Culture).

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